Le consortium NGI Zero octroie des subventions aux organisations et aux personnes qui contribuent à un Internet libre et ouvert. C’est avec grand plaisir que je vous annonce que je suis le représentant régional de ce consortium en Tunisie afin d’apporter un soutien à la communauté tunisienne des logiciels libres et open source (FLOSS).
Image : Map of Europe – and Tunisia – overlayed with hexes of NGI Zero projects. Creator: Daniel Thompson-Yvetot.
Opportunités de financement
Le consortium NGI Zero propose des petites et moyennes subventions de recherche et de développement d’un montant compris entre 5 000 et 50 000 euros, avec une possibilité d’extension. Le financement est ouvert à tous, que vous soyez une PME, un institut de recherche, un particulier, un club universitaire, une association ou un collectif. NGI Zero finance des projets qui contribuent à un Internet libre, ouvert, équitable, résilient et centré sur l’humain, accessible à tous. C’est pourquoi les projets doivent être libres/open source : tous les résultats scientifiques doivent être publiés en libre accès, et tout logiciel ou matériel développé doit être publié dans son intégralité sous une licence libre et open source reconnue. Le fonds fonctionne selon un système d’appels à projets continus, avec une date limite tous les deux mois. La prochaine date limite pour postuler pour un financement NGI Zero est le 1ᵉʳ juin 2026.
Next Generation Internet
Le consortium NGI Zero bénéficie du soutien financier de la Commission européenne dans le cadre de son initiative Next Generation Internet (NGI), un programme lancé en 2018 qui vise à promouvoir un Internet de confiance. L’initiative NGI alloue des fonds à divers consortiums afin d’octroyer des subventions à des projets qui s’inscrivent dans cette vision. L’initiative NGI fait partie d’Horizon Europe, le programme de recherche et d’innovation de l’Union européenne. En tant que pays associé, la Tunisie peut également bénéficier de ces possibilités de financement.
Consortium NGI Zero
Le consortium NGI Zero regroupe seize organisations à but non lucratif qui, chacune à leur manière, œuvrent pour un meilleur Internet pour tous, telles que la Free Software Foundation Europe, la fondation NLnet et Radically Open Security. Outre le financement, NGI Zero propose toute une gamme de services d’accompagnement, tels que des audits de sécurité et d’accessibilité, qui contribuent à améliorer la qualité et la maturité des projets financés. À ce jour, NGI Zero a soutenu plus d’un millier de projets libres et open source.
Représentant tunisien
Afin d’améliorer la visibilité des opportunités de financement et des technologies libres et open source développées dans le cadre des programmes NGI Zero en Tunisie, j’étais nommé représentant régional. Mon objectif est de renouer le contact avec les communautés tunisiennes dans le but de les redynamiser et de les encourager à lancer et développer des projets liés aux technologies libres et open source. J’espère que de nombreux membres de la communauté tunisienne du logiciel libre et open source envisageront de postuler pour un financement NGI Zero. Je suis là pour vous aider de toutes les manières possibles, n’hésitez pas à me contacter.
Je reprends ici un article initialement publié, sous licence CC-BY, le 6 septembre 2011 par Fabrice Epelboin sur le site https://fhimt.com/. Je considère que cet article à une importance historique d’où sa reprise sur mon blog. Cet article n’est malheureusement plus accessible sur le site initial, même s’il reste disponible sur archive.org. J’ai profité de cette republication pour mettre à jour les sources encore disponibles.
Business is business, et au vu de nombreux câbles issus de Wikileaks concernant Microsoft, on pourrait ajouter, ‘Business as usual’, tant l’attitude de Microsoft en Tunisie, même si elle est jusqu’ici ce que la firme a fait de plus ‘extrême’, se retrouve aux quatre coins du monde dans un nombre incroyable de télégrammes diplomatiques.
Il se détache très nettement, après un rapide parcours dans les centaines de câbles dans lesquels Microsoft est cité, que l’entreprise – souvent alliée avec des lobbies tels que la RIAA – a été le bras armé des USA pour lutter contre le piratage, et qu’elle en a profité pour lutter contre ses concurrents, à commencer par l’open source, quitte à collaborer avec les pires régimes et les aider à renforcer leur emprise sur une population en proie à des violations systématiques de ses libertés les plus fondamentales.
En Tunisie, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une reprise en main de l’économie numérique d’un pays qui s’était pourtant engagé très tôt dans le logiciel libre. C’est à ce jour ce que Microsoft a commis de plus violent pour prendre littéralement d’assaut un secteur économique d’une nation, au point de choquer les services de l’ambassade américaine.
En un sens, et cela demanderait une étude plus poussée des câbles de l’ambassade de Tunis, le dégoût très diplomatique exprimé par l’ambassade quant à l’attitude de Microsoft face au gouvernement tunisien est sans doute l’un des éléments qui a mené les États-Unis à considérer la mafia au pouvoir avec de plus en plus de mépris, au point d’envoyer à Washington des câbles dont certains estiment qu’ils ont littéralement mis le feu aux poudres de la révolution, une fois ceux-ci rendus publics.
En théorie, accroître les capacités d’interceptions informatiques légales du gouvernement est une bonne chose, mais étant donné l’interférence notoire du gouvernement tunisien avec l’Internet, cela pose des questions sur le renforcement de sa capacité à surveiller ses citoyens. Au final, pour Microsoft, les bénéfices l’emportent sur les coûts.
Extrait du câble 06TUNIS2424 de septembre 2006
Sur la période 2006-2010, certains télégrammes diplomatiques publiés par Wikileaks lèvent le voile sur la façon dont le géant de Redmond s’y est pris pour exterminer le logiciel Libre dans la Tunisie de Ben Ali. Quatre câbles en particulier, référencés 06TUNIS1818, 07TUNIS271, 07TUNIS1286 et 08TUNIS31 permettent de lever le voile sur la façon dont le milieu de l’open source tunisien a été systématiquement mis à mal, au point d’y faire naître un courant de cyberdissidence désormais connu aux quatre coins de la planète.
« J’ai attendu avec impatience cette occasion de vous parler de la façon dont la technologie peut faire des choses spéciales, ici en Afrique »
Bill Gates, extrait de son discours prononcé au Cap le 11 juillet 2006, le jour où il cosignait le contrat entre l’État Tunisien et Microsoft.
S’imaginer que Microsoft s’en prend exclusivement aux petites dictatures tel que le laisse penser une première lecture des câbles de Wikileaks serait une erreur ; en fouillant dans les archives de Wikileaks, qui n’a pas, loin de là, commencé avec le CableGate, on trouve des documents qui montrent comment Microsoft a sabordé l’open source au niveau européen. L’entreprise a fait de même dans une multitude de pays ; les jours et les semaines qui viennent devraient faire émerger des histoires similaires, qu’on espère tout de même moins atroces que ce qui s’est passé au pays du jasmin.
Traiter la concurrence comme un dictateur traite son opposition
Si interférer dans le travail d’une démocratie et en perturber le fonctionnement pour son bénéfice comme l’a fait la firme en Europe est une pratique courante, cela n’a strictement rien à voir avec les dérives gravissimes auxquelles Microsoft s’est livré en Tunisie, où l’entreprise a formé, en parfaite connaissance de cause, les fonctionnaires du ministère de l’Intérieur et du ministère de la Justice en charge de la répression numérique.
« Il y a tellement d’exemples de choses merveilleuses qui se passent dans vos pays […] comme la transparence au sein des gouvernements qui est quelque chose de magique »
Bill Gates, extrait de son discours prononcé au Cap le 11 juillet 2006, le jour où il cosignait le contrat entre l’État Tunisien et Microsoft.
Le temps de la transparence étant venu, Microsoft se retrouve aujourd’hui accusé de complicité du meurtre de centaines de martyrs, de la torture de milliers de dissidents, et du harcèlement de millions de citoyens ordinaires.
C’est à un viol systématique de la vie privée des citoyens tunisiens que le régime de Ben Ali s’est livré, au prix de l’abandon de la souveraineté technologique du pays et de quelques millions de dinars par an de contrats pour Microsoft. Un deal abject au point que beaucoup aux États-Unis envisagent désormais un procès. Un scandale qui, contrairement à ce qui s’était passé en mai 2011 lors de la première révélation de l’affaire dans Rue89, ne pourra être étouffé.
À l’heure actuelle, le scandale éclate en Angleterre, en Allemagne et aux États-Unis. Il est désormais classé dans le top de Techmeme, l’agrégateur de news le plus populaire du secteur internet aux USA, ainsi que sur Reddit, un haut lieu de la geekitute, tous deux antichambres des grands buzz technologiques planétaires. Dans le monde arabe, Al Jazeera, avec qui nous travaillons régulièrement et qui s’était déjà inquiétée de l’affaire lors de sa publication dans Rue89, est saisie du dossier et ArabCrunch a déjà publié un article. De son côté, l’Electronic Frontier Foundation, avec qui nous collaborons depuis le début sur le dossier syrien ainsi que sur la vente de matériel d’écoute par Bull à la Libye est également saisie du dossier.
Remercions également au passage nos amis de Wikileaks, qui ont Tweeté par deux fois l’article de ce week-end. Forcément, avec plus d’un million de followers, le buzz a pris à l’international de façon spectaculaire. Les serveurs de Fhimt.com ont chauffé, mais gageons que notre hébergeur sera compréhensif, et pour cause : c’est OVH, qui avait également l’an dernier refusé de couper l’hébergement de Wikileaks, pourtant réclamé – sans la moindre base légale – par Eric Besson, ministre de l’Internet français, grand ami de la Tunisie (de Ben Ali) et de l’Internet (civilisé).
Morceaux choisis, traduits d’une sélection de câbles allant de 2006 à 2010
Éliminer le libre : logiciel libre et piratage, un même combat pour Microsoft
Le ministère des communications et des technologies a formé une alliance autour de l’industrie du logiciel avec Microsoft et a tenu plusieurs évènements destinés à faire prendre conscience des enjeux liés à la propriété intellectuelle ces deux dernières années.
Le ministère et Microsoft ont signé un accord dans les coulisses d’un atelier sur la compétitivité des pays africains organisé par Microsoft le 10 et 11 juillet 2006 au Cap. Selon les termes de cet accord, tous les logiciels [utilisés par l’État] seront mis à jour avec des versions Microsoft certifiées et le secteur sera régulé.
Microsoft fournira une assistance au secteur public et privé afin de développer leur compétitivité et renforcer la complémentarité des deux secteurs. Les spécifications futures des équipements gouvernementaux mentionneront explicitement l’obligation d’être compatible Microsoft [interdisant de facto l’usage d’ordinateurs fonctionnant sous Linux].
Un programme de formation destiné à éduquer le public sur la nécessité d’utiliser des logiciels ‘légaux’ sera également mis en place.
Un contrat mystérieux entre Microsoft et le gouvernement tunisien qui préoccupe l’ambassade
Bien que signé en juillet dernier, aucune information ne nous est parvenue [concernant le contrat] aussi bien de la part du gouvernement tunisien que de la part de Microsoft. Malgré des demandes répétées, Microsoft ne nous a pas encore fourni de copie de l’accord final. Lors d’une rencontre en septembre avec l’attaché commercial de l’ambassade, la directrice générale [de Microsoft] Salwa Smaoui nous a fait part des principaux points de l’accord.
Depuis 2001, le gouvernement tunisien a adopté une politique favorisant l’open source, n’utilisant que des logiciels libres. Désormais, le gouvernement dans ses appels d’offres spécifiera que les équipements doivent être compatibles Microsoft, ce qui était jusqu’ici interdit pas la loi sur l’open source tunisienne.
L’accord touche également à la sécurité sur Internet. À travers un programme sur la cybercriminalité, Microsoft formera des officiers gouvernementaux, au sein du ministère de la Justice et du ministère de l’Intérieur, sur la façon d’utiliser l’informatique pour lutter contre le crime.
Lors d’un appel quelques jours avant le forum sud africain, Smaoui s’inquiétait de devoir se rendre au forum sans un accord signé dans les mains et ne pouvait pas confirmer que le représentant du gouvernement se déplacerait. Elle craignait d’avoir à annoncer à Bill Gates [qui a signé le contrat Microsoft-Tunisie] que sa présence au forum n’était pas justifiée.
Au cours de l’évènement, Khedija Ghariani, la secrétaire d’Etat à l’informatique, à l’Internet et au logiciel libre, s’est déplacée et a signé au nom du gouvernement tunisien l’accord avec Microsoft. Malgré d’épuisantes négociations, Smaoui a qualifié cet accord de ‘vital’ pour Microsoft. Le fait que le gouvernement se repose jusqu’ici sur des logiciels Open Source limitait de façon drastique le business de Microsoft en Tunisie et sa participation aux appels d’offres gouvernementaux.
Smaoui a précisé que, bien que Microsoft ait consenti à investir en Tunisie, la somme que représentent ces investissements sera inférieure à ce qu’aura à payer le gouvernement.
L’ambassade, pleinement consciente des conséquences du deal Microsoft-Ben Ali, partage son dégoût avec Washington
Commentaire de l’ambassadeur : La réticence de Microsoft à nous dévoiler les détails de l’accord passé avec le gouvernement tunisien met en lumière l’attachement de ce dernier au secret et non à la transparence. En théorie, accroître les capacités d’interceptions informatiques légales du gouvernement est une bonne chose, mais, étant donnée l’interférence notoire du gouvernement tunisien avec l’Internet, cela pose des questions sur le renforcement de sa capacité à surveiller ses citoyens.
Au final, pour Microsoft, les bénéfices l’emportent sur les coûts.
2007, début de l’éradication du Libre : utiliser le secteur public pour mettre au pas le privé
L’ambassadeur s’est félicité de la signature de l’accord entre le gouvernement tunisien et Microsoft, qui contraint le gouvernement à utiliser des logiciels Microsoft. Ouaili a précisé que le gouvernement travaillait dur à mettre fin à la ‘mauvaise utilisation’ des technologies et que le peuple devait s’habituer à utiliser des logiciels légaux.
A ces fins, il a affirmé que le gouvernement travaillait à la mise en place d’une alliance au sein de l’industrie des logiciels pour faire prendre conscience de cela et qu’il sponsoriserait bientôt un évènement en partenariat avec cette alliance.
En ce moment, un projet de loi est en discussion au Parlement qui précise la création d’une coopération entre le secteur privé et le secteur public sur ce modèle. Ouaili a averti cependant que cela avait demandé «beaucoup d’effort pour convaincre le gouvernement tunisien de signer l’accord avec Microsoft» et a noté que le début des négociations remontent à 1998.
Les rares règles de bonne gestion économique du pays mises à mal pour le plus grand profit de Microsoft, et pour faire barrage aux systèmes d’exploitations libres
Des entreprises se sont également plaintes de la politique d’acquisition ainsi que des lois relatives aux appels d’offres qui donnent la préférence aux prix les plus bas et non à la qualité, ce qui les exclut de la compétition.
Une commission du premier ministère contrôle les achats et, plutôt que de chercher à savoir si un produit respecte certaines spécifications ou standards techniques, les appels d’offres sont toujours remportés par ceux qui proposent le prix le plus bas. Les compagnies américaines qui vendent des produits de qualité ne peuvent être compétitives sur le seul critère du prix.
Microsoft a donné l’exemple de l’acquisition de PC où la commission du gouvernement tunisien n’avait pas spécifié de système d’exploitation dans leur appel d’offres. Cela a résulté en l’achat de PC sous Linux, un système d’exploitation open source, qui n’est pas compatible avec les produits Microsoft.
La représentante de Microsoft a avancé l’argument que cela concourait à encourager le piratage de logiciels et que le résultat était que les PC au sein des administrations utilisaient des logiciels Microsoft piratés. Elle a enchaîné sur le fait que la Commission européenne et la Banque africaine de Développement n’acceptaient ces lois sur les appels d’offres que pour encourager le gouvernement tunisien à maintenir le principe du meilleur prix dans ses achats publics.
Les effets du contrat Microsoft freinent le développement de l’économie numérique
[Parmi les problèmes posés aux entreprises par l’Internet en Tunisie] le fait que les exigences du gouvernement tunisien en matière de chiffrage imposent de fournir à l’autorité de certification nationale (ANCE) les clés de chiffrement est une raison suffisante pour ne pas faire d’affaires dans le pays pour les entreprises américaines qui fournissent des services où la protection des données personnelles ou fiscales est un élément critique.
Bien que la plupart des entreprises indiquent pouvoir trouver un moyen de contourner cette contrainte, elles affirment néanmoins que cette exigence [consistant à fournir la clé de chiffrement à l’autorité d’Etat] devrait être abolie.
Cet accord portant sur l’autorité de certification tunisienne, explicitement mentionné dans la section 1.2 du contrat entre Microsoft et l’Etat Tunisien, prévoit d’intégrer ses certificats automatiquement et sans en avertir les utilisateurs (contrairement à des navigateurs comme Firefox) dans Internet Explorer et de procéder à leur mise à jour automatiquement, toujours sans en avertir les utilisateurs, permettant ainsi par la suite aux agents du ministère de l’intérieur, dûment formés à la sécurité des solutions Microsoft, tel que prévu dans les articles 1.1 et 1.3 du contrat, de s’immiscer dans les profils et les emails des citoyens tunisiens en réalisant une contrefaçon des certificats de sécurité de Facebook ou de Gmail.
Durant la révolution, le gouvernement ira jusqu’à réaliser des attaques ‘man in the middle’ pour contrecarrer les plans de la cyberdissidence. A l’époque, Anonymous avait massivement distribué une documentation succincte permettant d’éviter le pire et mis au point un script destiné à contrecarrer le vol d’identité pratiqué par l’Etat tunisien.
2010 : Ammar404 dans le câble de l’ambassadeur, les USA voient la révolte monter
Dans un appel téléphonique en date du 5 février 2010 donné par l’ambassadeur au ministre des Communications et des technologies Mohamed Naceur Ammar, ce dernier a expliqué le rôle central joué par les NTIC dans la stratégie de développement du pays.
Ammar a commencé par la description des activités de son ministère. Le ministère régule et fait la promotion des NTIC en Tunisie. Il gère l’accès à Internet à travers l’Agence Tunisienne de l’Internet et surveille son usage à travers l’Agence Nationale de Sécurité Informatique et l’opérateur téléphonique national, Tunisie Télécom.
Avant sa nomination en janvier 2010 comme ministre des communications et des technologies, Ammar a fait une carrière essentiellement académique en tant que directeur de la Haute Ecole de Communication de Tunis, et auparavant comme directeur de l’Ecole des Postes et Télécommunications de Tunis.
Sur Internet, sa nomination a été accueillie avec ironie parmi les blogueurs tunisiens dissidents : «Ammar» est le surnom, équivalent à «Big Brother», utilisé depuis longtemps par les blogueurs pour se référer à la censure frénétique dirigée par le ministère des communications et des technologies.
Un mois plus tard, la petite bande de cyberactivistes repérée par l’ambassade américaine, et dont le plus célèbre d’entre eux finira secrétaire d’Etat, organisait la première manifestation contre la censure de l’Internet et en faisait la promotion avec le seul service de partage de vidéo non censuré alors, Viméo.
Un clip qui avait permis, à l’époque, d’attirer l’attention de la communauté geek hors des frontières Tunisiennes sur les agissements de la dictature de Zaba.
Dans un monde numérique en constante évolution, il est essentiel de choisir des plateformes qui respectent notre vie privée, favorisent la liberté d’expression et encouragent des interactions authentiques. C’est dans cet esprit que l’initiative HelloQuitteX a vu le jour, invitant les utilisateurs du réseau social X à le quitter et migrer vers d’autres reseaux dont Mastodon.
Mastodon est un réseau social décentralisé basé sur un logiciel libre qui porte le même nom. Depuis son lancement en 2016, beaucoup d’instances (des serveurs avec Mastodon installé dessus) on vu le jour partout dans le monde.
Fin 2022, nous avons lancé notre instance tunisienne mastodon.tn pour permettre aux tunisiennes et aux tunisiens de découvrir ce réseau social et interagir avec les autres utilisateurs de ce réseau. Vous pouvez nous rejoindre et construire avec nous notre réseau social tunisien via ce lien d’invitation.
Voici, en quelques points, pourquoi nous vous incitons de faire le saut et nous rejoindre.
Décentralisation
Contrairement à X, qui est géré par une seule entité, Mastodon fonctionne sur un modèle décentralisé. Cela signifie que personne ne détient le pouvoir de contrôler ou de censurer le contenu. Chaque utilisateur peut choisir un serveur (ou instance) qui correspond à ses valeurs et à ses intérêts, tout en restant connecté à l’ensemble du réseau. Cette structure favorise une diversité d’opinions et d’expériences, loin des algorithmes qui dictent ce que vous voyez.
Respect de la vie privée
Mastodon place la vie privée des utilisateurs au cœur de son fonctionnement. Contrairement à X, qui collecte et exploite vos données personnelles à des fins publicitaires, Mastodon ne suit pas vos activités. Vous pouvez interagir sans craindre que vos informations soient vendues ou utilisées pour cibler des publicités. C’est un environnement où vous pouvez vous exprimer librement.
Communauté et interaction authentique
Mastodon encourage des interactions plus authentiques et significatives. Les utilisateurs peuvent rejoindre des communautés qui partagent leurs intérêts, ce qui favorise des discussions enrichissantes. De plus, la taille des instances permet souvent des échanges plus personnels et moins de bruit, contrairement à la vaste et parfois chaotique plateforme de X.
Absence de Publicité Intrusive
Sur Mastodon, vous ne serez pas bombardé de publicités intrusives. La plateforme est financée par ses utilisateurs et non par des annonceurs. Cela signifie que votre expérience n’est pas interrompue par des contenus sponsorisés, vous permettant de vous concentrer sur ce qui compte vraiment : les conversations et les connexions.
Personnalisation et contrôle de votre fil d’actualités
Avec Mastodon, vous avez un contrôle total sur votre fil d’actualités. Vous pouvez choisir de suivre des utilisateurs ou des hashtags spécifiques, et vous n’êtes pas soumis à un algorithme qui décide pour vous ce que vous devez voir. Cela vous permet de créer une expérience sur mesure qui reflète vos intérêts et vos valeurs.
Engagement pour un internet éthique
En rejoignant Mastodon, vous soutenez un modèle d’Internet plus éthique et inclusif. Vous participez à un mouvement qui valorise la liberté d’expression, la diversité et le respect des utilisateurs. C’est une occasion de faire partie d’une communauté qui prône des valeurs positives et qui s’oppose à la désinformation et à la manipulation.
Conclusion : Faites le saut vers Mastodon
L’initiative HelloquitteX est une invitation à repenser notre utilisation des réseaux sociaux. En rejoignant Mastodon, vous choisissez une plateforme qui respecte votre vie privée, favorise des interactions authentiques et vous donne le contrôle sur votre expérience en ligne. Ne laissez pas les grandes entreprises dicter votre manière de communiquer. Rejoignez le mouvement, faites le saut vers Mastodon et redécouvrez le plaisir d’échanger dans un environnement sain et respectueux. Ensemble, construisons un Internet meilleur !
Pour la deuxième année consécutive, nous lançons un appel aux dons pour couvrir les frais de fonctionnement de notre instance tunisienne du réseau social décentralisé Mastodon : mastodon.tn
Nous sommes fiers de vous fournir à la communauté tunisienne cette instance qui respecte votre liberté et votre vie privée. Cependant, cette instance nécessite des ressources et un soutien financier continus. Si vous appréciez notre engagement envers la liberté et la vie privée des utilisateurs, nous vous invitons à soutenir notre instance en faisant un don.
Votre contribution, aussi petite soit-elle, nous aidera à couvrir les coûts d’hébergement et de maintenance, ainsi qu’à améliorer les fonctionnalités.
Nous vous remercions par avance de votre générosité et de votre soutien continu à notre communauté.
Pour les nouveau arrivants sur notre instance Mastodon Tunisie (ou toute autre instance Mastodon), voici quelques recommandations pour bien commencer dans ce réseau social :
Comme dans chaque réseau social, il est important de commencer par modifier son profil. Mettre une photo de profil, ajouter une présentation, etc. C’est une sorte de carte de visite dans le réseau. Un profil complet permettra de vous reconnaître et de vous suivre plus facilement.
Il est possible d’utiliser votre compte depuis votre navigateur web, mais il est possible d’utiliser une application mobile. Comme choix, il y a l’application officielle Mastodon (disponible pour Android et iOS). D’autres applications sont aussi disponibles (Voir : Parcourir les applications tierces). Personnellement, pour Android j’utilise et je recommande l’application Moshidon (ou Tusky).
Il est préférable de poster une présentation sur le réseau avec le hashtag #Introduction et avec des mot-clés/thèmes qui vous intéressent (sous forme de hashtag aussi).
Dans Mastodon il n’y a pas d’algorithmes pour vous suggérer des personnes à suivre. Alors il faut construire son propre réseau petit à petit. Commencer par suivre beaucoup de personnes (vous pouvez annuler votre suivi par la suite). Vous pouvez aussi suivre des hashtags (d’où l’importance du point précédent).
N’hésitez pas à poster vos questions si vous avez besoin d’aide. La communauté Mastodon sera ravie de vous aider.
Aller plus loin
Guide détaille, non officiel et non technique, de l’utilisation de Mastodon (en anglais) : Fedi.Tips.
Retrouver ses amis dans les autres réseaux sociaux (X/Twitter) qui ont un compte Mastodon : Fedifinder.
La majorité des instances Mastodon sont gérées par des bénévoles. Ces instances nécessitent des frais de fonctionnement (location du serveur, hébergement, etc.), si vous le pouvez n’hésiter pas à soutenir financièrement votre instance. Voici un lien pour soutenir l’instance tunisienne de Mastodon.
En novembre 2022 j’ai lancé l’instance tunisienne du réseau social décentralisé Mastodon : mastodon.tn
L’objectif de cette instance était de permettre aux éventuels utilisateurs tunisiens, de découvrir ce service de micro-blogging Libre et fédéré. Elle doit être aussi 100% tunisienne puisqu’elle est hébergée en Tunisie chez un hébergeur internet tunisien.
Actuellement (juillet 2023) notre instance regroupe 50 comptes utilisateurs dont une quinzaine de comptes actifs.
Pour les curieux voici les détails de la configuration du VPS où notre instance est installée :
CPU : 2 vCores @ 2.6 GHz
RAM : 6 Go DDR4
Disque : 60 Go SSD
Débit sortant : 100 Mbps
Ce VPS est réservé jusqu’en novembre 2023 et les frais annuels s’élèvent à approximativement 500 TND TTC (nom de domaine compris). La question qui je me pose est donc doit-on garder cette instance ou non ?
Pour répondre à cette question je lance un appel aux dons pour collecter les frais nécessaires pour une prolongation d’une année supplémentaire. Si le montant est collecté (d’ici fin août 2023) l’instance restera bien active. Sinon, elle ne le sera pas et les utilisateurs actifs auront à migrer leurs comptes vers d’autres instances.
Les personnes qui veulent participer à la collecte des frais annuels peuvent remplir le formulaire de promesse de don ci-dessous. Si les promesses arrivent à couvrir le montant nécessaire, les donateurs seront contactés -par mail- pour valider leurs promesses via des virements vers un compte courant postal.
Pour toute question ou information supplémentaire vous pouvez me contacter en laissant un commentaire sur cet article ou via le formulaire de contact.
Progression
Versements 600/500 TND
Promesses 650/500 TND
Formulaire de promesse de don
Dans le formulaire merci de donner votre prénom et votre nom corrects, vous pouvez ensuite choisir que ces informations ne soient pas publiées publiquement.
Le « Open Source Software Club – OSSEC » de l’École Nationale des Sciences de l’Informatique – ENSI, a organisé, début décembre, la quatrième édition du hackathon TuniHack 4.0 sous le thème « Data Driven Future ». L’objectif de cette édition était d’encourager les participants à développer des applications qui exploitent les données disponibles pour une meilleure valorisation.
J’étais invité à ce hackathon comme conférencier et j’ai choisi de faire une présentation intitulée « Libre – OpenData – Tunisie ». J’ai entamé mon intervention par la présentation de la définition de ce qui est un Logiciel Libre et comment l’esprit du logiciel libre peut être généralisé pour couvrir toute œuvre numérique. Une œuvre qui peut être aussi une donnée ce qui permet d’avoir des données ouvertes ou OpenData. Par la suite j’ai présenté les différents projets et portails tunisiens où il est possible de récupérer des données ouvertes. Je vous laisse le soin de les découvrir dans ma présentation téléchargeable depuis les liens ci-dessous.