Présenter Librement avec LibreOffice Impress

Suite à une proposition faite par le bureau de l’« Association des Professeurs des Sciences de la Vie et de la Terre », j’ai eu le plaisir d’animer un atelier sur le logiciel libre de présentation LibreOffice Impress. Cet atelier était destiné aux membres de l’association qui sont des enseignants des sciences de la vie et de la terre pour les élèves du niveau secondaire. L’atelier a eu lieu le 01 avril 2026 au Centre Régional de l’Éducation et de la Formation Continue Mahdia (CREFOC Mahdia).

L’atelier a commencé par une discussion autour de l’intérêt d’utiliser la suite bureautique libre LibreOffice et son logiciel de présentation Impress, par rapport à la suite bureautique, non libre et piratée, que les participants retrouvent déjà préinstallée sur leurs PC1.

Les participants ont téléchargé et installé la suite bureautique LibreOffice sur leurs PC respectif. Ils ont par la suite utilisé LibreOffice Impress pour faire les manipulations proposées dans l’atelier.

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  1. Il s’agit d’une pratique commerciale courante chez la plupart des revendeurs de PC en Tunisie. Ces revendeurs proposent des PC sans système d’exploitation pour réduire le prix de vente. Quand le PC est acheté, les revendeurs font un geste commercial pour le client en lui installant un système d’exploitation et une suite bureautique tous piratés. ↩︎

Un fonds européen pour les technologies libres et open source disponible pour la communauté tunisienne

Le consortium NGI Zero octroie des subventions aux organisations et aux personnes qui contribuent à un Internet libre et ouvert. C’est avec grand plaisir que je vous annonce que je suis le représentant régional de ce consortium en Tunisie afin d’apporter un soutien à la communauté tunisienne des logiciels libres et open source (FLOSS).

Image : Map of Europe – and Tunisia – overlayed with hexes of NGI Zero projects. Creator: Daniel Thompson-Yvetot.

Opportunités de financement

Le consortium NGI Zero propose des petites et moyennes subventions de recherche et de développement d’un montant compris entre 5 000 et 50 000 euros, avec une possibilité d’extension. Le financement est ouvert à tous, que vous soyez une PME, un institut de recherche, un particulier, un club universitaire, une association ou un collectif. NGI Zero finance des projets qui contribuent à un Internet libre, ouvert, équitable, résilient et centré sur l’humain, accessible à tous. C’est pourquoi les projets doivent être libres/open source : tous les résultats scientifiques doivent être publiés en libre accès, et tout logiciel ou matériel développé doit être publié dans son intégralité sous une licence libre et open source reconnue. Le fonds fonctionne selon un système d’appels à projets continus, avec une date limite tous les deux mois. La prochaine date limite pour postuler pour un financement NGI Zero est le 1ᵉʳ juin 2026.

Next Generation Internet

Le consortium NGI Zero bénéficie du soutien financier de la Commission européenne dans le cadre de son initiative Next Generation Internet (NGI), un programme lancé en 2018 qui vise à promouvoir un Internet de confiance. L’initiative NGI alloue des fonds à divers consortiums afin d’octroyer des subventions à des projets qui s’inscrivent dans cette vision. L’initiative NGI fait partie d’Horizon Europe, le programme de recherche et d’innovation de l’Union européenne. En tant que pays associé, la Tunisie peut également bénéficier de ces possibilités de financement.

Consortium NGI Zero

Le consortium NGI Zero regroupe seize organisations à but non lucratif qui, chacune à leur manière, œuvrent pour un meilleur Internet pour tous, telles que la Free Software Foundation Europe, la fondation NLnet et Radically Open Security. Outre le financement, NGI Zero propose toute une gamme de services d’accompagnement, tels que des audits de sécurité et d’accessibilité, qui contribuent à améliorer la qualité et la maturité des projets financés. À ce jour, NGI Zero a soutenu plus d’un millier de projets libres et open source.

Représentant tunisien

Afin d’améliorer la visibilité des opportunités de financement et des technologies libres et open source développées dans le cadre des programmes NGI Zero en Tunisie, j’étais nommé représentant régional. Mon objectif est de renouer le contact avec les communautés tunisiennes dans le but de les redynamiser et de les encourager à lancer et développer des projets liés aux technologies libres et open source. J’espère que de nombreux membres de la communauté tunisienne du logiciel libre et open source envisageront de postuler pour un financement NGI Zero. Je suis là pour vous aider de toutes les manières possibles, n’hésitez pas à me contacter.

Pour plus d’informations sur NGI Zero, consultez : https://nlnet.nl/NGI0/
Pour en savoir plus sur les opportunités de financement : https://nlnet.nl/funding.html

Coordonnées du représentant régional pour la Tunisie :
– Email : Tunisia [@] ngi-0.eu
– Mastodon : @NGIZero_Tunisia@social.ngi.eu

Wikileaks dévoile comment Microsoft a tué le Logiciel Libre dans la Tunisie de Ben Ali

Je reprends ici un article initialement publié, sous licence CC-BY, le 6 septembre 2011 par Fabrice Epelboin sur le site https://fhimt.com/. Je considère que cet article à une importance historique d’où sa reprise sur mon blog. Cet article n’est malheureusement plus accessible sur le site initial, même s’il reste disponible sur archive.org. J’ai profité de cette republication pour mettre à jour les sources encore disponibles.

Business is business, et au vu de nombreux câbles issus de Wikileaks concernant Microsoft, on pourrait ajouter, ‘Business as usual’, tant l’attitude de Microsoft en Tunisie, même si elle est jusqu’ici ce que la firme a fait de plus ‘extrême’, se retrouve aux quatre coins du monde dans un nombre incroyable de télégrammes diplomatiques.

Il se détache très nettement, après un rapide parcours dans les centaines de câbles dans lesquels Microsoft est cité, que l’entreprise – souvent alliée avec des lobbies tels que la RIAA – a été le bras armé des USA pour lutter contre le piratage, et qu’elle en a profité pour lutter contre ses concurrents, à commencer par l’open source, quitte à collaborer avec les pires régimes et les aider à renforcer leur emprise sur une population en proie à des violations systématiques de ses libertés les plus fondamentales.

En Tunisie, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une reprise en main de l’économie numérique d’un pays qui s’était pourtant engagé très tôt dans le logiciel libre. C’est à ce jour ce que Microsoft a commis de plus violent pour prendre littéralement d’assaut un secteur économique d’une nation, au point de choquer les services de l’ambassade américaine.

En un sens, et cela demanderait une étude plus poussée des câbles de l’ambassade de Tunis, le dégoût très diplomatique exprimé par l’ambassade quant à l’attitude de Microsoft face au gouvernement tunisien est sans doute l’un des éléments qui a mené les États-Unis à considérer la mafia au pouvoir avec de plus en plus de mépris, au point d’envoyer à Washington des câbles dont certains estiment qu’ils ont littéralement mis le feu aux poudres de la révolution, une fois ceux-ci rendus publics.

En théorie, accroître les capacités d’interceptions informatiques légales du gouvernement est une bonne chose, mais étant donné l’interférence notoire du gouvernement tunisien avec l’Internet, cela pose des questions sur le renforcement de sa capacité à surveiller ses citoyens. Au final, pour Microsoft, les bénéfices l’emportent sur les coûts.

Extrait du câble 06TUNIS2424 de septembre 2006

Sur la période 2006-2010, certains télégrammes diplomatiques publiés par Wikileaks lèvent le voile sur la façon dont le géant de Redmond s’y est pris pour exterminer le logiciel Libre dans la Tunisie de Ben Ali. Quatre câbles en particulier, référencés 06TUNIS1818, 07TUNIS271, 07TUNIS1286 et 08TUNIS31 permettent de lever le voile sur la façon dont le milieu de l’open source tunisien a été systématiquement mis à mal, au point d’y faire naître un courant de cyberdissidence désormais connu aux quatre coins de la planète.

« J’ai attendu avec impatience cette occasion de vous parler de la façon dont la technologie peut faire des choses spéciales, ici en Afrique »

Bill Gates, extrait de son discours prononcé au Cap le 11 juillet 2006,
le jour où il cosignait le contrat entre l’État Tunisien et Microsoft.

S’imaginer que Microsoft s’en prend exclusivement aux petites dictatures tel que le laisse penser une première lecture des câbles de Wikileaks serait une erreur ; en fouillant dans les archives de Wikileaks, qui n’a pas, loin de là, commencé avec le CableGate, on trouve des documents qui montrent comment Microsoft a sabordé l’open source au niveau européen. L’entreprise a fait de même dans une multitude de pays ; les jours et les semaines qui viennent devraient faire émerger des histoires similaires, qu’on espère tout de même moins atroces que ce qui s’est passé au pays du jasmin.

Traiter la concurrence comme un dictateur traite son opposition

Si interférer dans le travail d’une démocratie et en perturber le fonctionnement pour son bénéfice comme l’a fait la firme en Europe est une pratique courante, cela n’a strictement rien à voir avec les dérives gravissimes auxquelles Microsoft s’est livré en Tunisie, où l’entreprise a formé, en parfaite connaissance de cause, les fonctionnaires du ministère de l’Intérieur et du ministère de la Justice en charge de la répression numérique.

« Il y a tellement d’exemples de choses merveilleuses qui se passent dans vos pays […] comme la transparence au sein des gouvernements qui est quelque chose de magique »

Bill Gates, extrait de son discours prononcé au Cap le 11 juillet 2006,
le jour où il cosignait le contrat entre l’État Tunisien et Microsoft.

Le temps de la transparence étant venu, Microsoft se retrouve aujourd’hui accusé de complicité du meurtre de centaines de martyrs, de la torture de milliers de dissidents, et du harcèlement de millions de citoyens ordinaires.

C’est à un viol systématique de la vie privée des citoyens tunisiens que le régime de Ben Ali s’est livré, au prix de l’abandon de la souveraineté technologique du pays et de quelques millions de dinars par an de contrats pour Microsoft. Un deal abject au point que beaucoup aux États-Unis envisagent désormais un procès. Un scandale qui, contrairement à ce qui s’était passé en mai 2011 lors de la première révélation de l’affaire dans Rue89, ne pourra être étouffé.

À l’heure actuelle, le scandale éclate en Angleterre, en Allemagne et aux États-Unis. Il est désormais classé dans le top de Techmeme, l’agrégateur de news le plus populaire du secteur internet aux USA, ainsi que sur Reddit, un haut lieu de la geekitute, tous deux antichambres des grands buzz technologiques planétaires. Dans le monde arabe, Al Jazeera, avec qui nous travaillons régulièrement et qui s’était déjà inquiétée de l’affaire lors de sa publication dans Rue89, est saisie du dossier et ArabCrunch a déjà publié un article. De son côté, l’Electronic Frontier Foundation, avec qui nous collaborons depuis le début sur le dossier syrien ainsi que sur la vente de matériel d’écoute par Bull à la Libye est également saisie du dossier.

Remercions également au passage nos amis de Wikileaks, qui ont Tweeté par deux fois l’article de ce week-end. Forcément, avec plus d’un million de followers, le buzz a pris à l’international de façon spectaculaire. Les serveurs de Fhimt.com ont chauffé, mais gageons que notre hébergeur sera compréhensif, et pour cause : c’est OVH, qui avait également l’an dernier refusé de couper l’hébergement de Wikileaks, pourtant réclamé – sans la moindre base légale – par Eric Besson, ministre de l’Internet français, grand ami de la Tunisie (de Ben Ali) et de l’Internet (civilisé).

Morceaux choisis, traduits d’une sélection de câbles allant de 2006 à 2010

Éliminer le libre : logiciel libre et piratage, un même combat pour Microsoft

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Le ministère des communications et des technologies a formé une alliance autour de l’industrie du logiciel avec Microsoft et a tenu plusieurs évènements destinés à faire prendre conscience des enjeux liés à la propriété intellectuelle ces deux dernières années.

Le ministère et Microsoft ont signé un accord dans les coulisses d’un atelier sur la compétitivité des pays africains organisé par Microsoft le 10 et 11 juillet 2006 au Cap. Selon les termes de cet accord, tous les logiciels [utilisés par l’État] seront mis à jour avec des versions Microsoft certifiées et le secteur sera régulé.

Microsoft fournira une assistance au secteur public et privé afin de développer leur compétitivité et renforcer la complémentarité des deux secteurs. Les spécifications futures des équipements gouvernementaux mentionneront explicitement l’obligation d’être compatible Microsoft [interdisant de facto l’usage d’ordinateurs fonctionnant sous Linux].

Un programme de formation destiné à éduquer le public sur la nécessité d’utiliser des logiciels ‘légaux’ sera également mis en place.

Un contrat mystérieux entre Microsoft et le gouvernement tunisien qui préoccupe l’ambassade

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Bien que signé en juillet dernier, aucune information ne nous est parvenue [concernant le contrat] aussi bien de la part du gouvernement tunisien que de la part de Microsoft. Malgré des demandes répétées, Microsoft ne nous a pas encore fourni de copie de l’accord final. Lors d’une rencontre en septembre avec l’attaché commercial de l’ambassade, la directrice générale [de Microsoft] Salwa Smaoui nous a fait part des principaux points de l’accord.

Depuis 2001, le gouvernement tunisien a adopté une politique favorisant l’open source, n’utilisant que des logiciels libres. Désormais, le gouvernement dans ses appels d’offres spécifiera que les équipements doivent être compatibles Microsoft, ce qui était jusqu’ici interdit pas la loi sur l’open source tunisienne.

L’accord touche également à la sécurité sur Internet. À travers un programme sur la cybercriminalité, Microsoft formera des officiers gouvernementaux, au sein du ministère de la Justice et du ministère de l’Intérieur, sur la façon d’utiliser l’informatique pour lutter contre le crime.

Lors d’un appel quelques jours avant le forum sud africain, Smaoui s’inquiétait de devoir se rendre au forum sans un accord signé dans les mains et ne pouvait pas confirmer que le représentant du gouvernement se déplacerait. Elle craignait d’avoir à annoncer à Bill Gates [qui a signé le contrat Microsoft-Tunisie] que sa présence au forum n’était pas justifiée.

Au cours de l’évènement, Khedija Ghariani, la secrétaire d’Etat à l’informatique, à l’Internet et au logiciel libre, s’est déplacée et a signé au nom du gouvernement tunisien l’accord avec Microsoft. Malgré d’épuisantes négociations, Smaoui a qualifié cet accord de ‘vital’ pour Microsoft. Le fait que le gouvernement se repose jusqu’ici sur des logiciels Open Source limitait de façon drastique le business de Microsoft en Tunisie et sa participation aux appels d’offres gouvernementaux.

Smaoui a précisé que, bien que Microsoft ait consenti à investir en Tunisie, la somme que représentent ces investissements sera inférieure à ce qu’aura à payer le gouvernement.

L’ambassade, pleinement consciente des conséquences du deal Microsoft-Ben Ali, partage son dégoût avec Washington

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Commentaire de l’ambassadeur : La réticence de Microsoft à nous dévoiler les détails de l’accord passé avec le gouvernement tunisien met en lumière l’attachement de ce dernier au secret et non à la transparence. En théorie, accroître les capacités d’interceptions informatiques légales du gouvernement est une bonne chose, mais, étant donnée l’interférence notoire du gouvernement tunisien avec l’Internet, cela pose des questions sur le renforcement de sa capacité à surveiller ses citoyens.

Au final, pour Microsoft, les bénéfices l’emportent sur les coûts.

2007, début de l’éradication du Libre : utiliser le secteur public pour mettre au pas le privé

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L’ambassadeur s’est félicité de la signature de l’accord entre le gouvernement tunisien et Microsoft, qui contraint le gouvernement à utiliser des logiciels Microsoft. Ouaili a précisé que le gouvernement travaillait dur à mettre fin à la ‘mauvaise utilisation’ des technologies et que le peuple devait s’habituer à utiliser des logiciels légaux.

A ces fins, il a affirmé que le gouvernement travaillait à la mise en place d’une alliance au sein de l’industrie des logiciels pour faire prendre conscience de cela et qu’il sponsoriserait bientôt un évènement en partenariat avec cette alliance.

En ce moment, un projet de loi est en discussion au Parlement qui précise la création d’une coopération entre le secteur privé et le secteur public sur ce modèle. Ouaili a averti cependant que cela avait demandé «beaucoup d’effort pour convaincre le gouvernement tunisien de signer l’accord avec Microsoft» et a noté que le début des négociations remontent à 1998.

Les rares règles de bonne gestion économique du pays mises à mal pour le plus grand profit de Microsoft, et pour faire barrage aux systèmes d’exploitations libres

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Des entreprises se sont également plaintes de la politique d’acquisition ainsi que des lois relatives aux appels d’offres qui donnent la préférence aux prix les plus bas et non à la qualité, ce qui les exclut de la compétition.

Une commission du premier ministère contrôle les achats et, plutôt que de chercher à savoir si un produit respecte certaines spécifications ou standards techniques, les appels d’offres sont toujours remportés par ceux qui proposent le prix le plus bas. Les compagnies américaines qui vendent des produits de qualité ne peuvent être compétitives sur le seul critère du prix.

Microsoft a donné l’exemple de l’acquisition de PC où la commission du gouvernement tunisien n’avait pas spécifié de système d’exploitation dans leur appel d’offres. Cela a résulté en l’achat de PC sous Linux, un système d’exploitation open source, qui n’est pas compatible avec les produits Microsoft.

La représentante de Microsoft a avancé l’argument que cela concourait à encourager le piratage de logiciels et que le résultat était que les PC au sein des administrations utilisaient des logiciels Microsoft piratés. Elle a enchaîné sur le fait que la Commission européenne et la Banque africaine de Développement n’acceptaient ces lois sur les appels d’offres que pour encourager le gouvernement tunisien à maintenir le principe du meilleur prix dans ses achats publics.

Les effets du contrat Microsoft freinent le développement de l’économie numérique

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[Parmi les problèmes posés aux entreprises par l’Internet en Tunisie] le fait que les exigences du gouvernement tunisien en matière de chiffrage imposent de fournir à l’autorité de certification nationale (ANCE) les clés de chiffrement est une raison suffisante pour ne pas faire d’affaires dans le pays pour les entreprises américaines qui fournissent des services où la protection des données personnelles ou fiscales est un élément critique.

Bien que la plupart des entreprises indiquent pouvoir trouver un moyen de contourner cette contrainte, elles affirment néanmoins que cette exigence [consistant à fournir la clé de chiffrement à l’autorité d’Etat] devrait être abolie.

Cet accord portant sur l’autorité de certification tunisienne, explicitement mentionné dans la section 1.2 du contrat entre Microsoft et l’Etat Tunisien, prévoit d’intégrer ses certificats automatiquement et sans en avertir les utilisateurs (contrairement à des navigateurs comme Firefox) dans Internet Explorer et de procéder à leur mise à jour automatiquement, toujours sans en avertir les utilisateurs, permettant ainsi par la suite aux agents du ministère de l’intérieur, dûment formés à la sécurité des solutions Microsoft, tel que prévu dans les articles 1.1 et 1.3 du contrat, de s’immiscer dans les profils et les emails des citoyens tunisiens en réalisant une contrefaçon des certificats de sécurité de Facebook ou de Gmail.

Durant la révolution, le gouvernement ira jusqu’à réaliser des attaques ‘man in the middle’ pour contrecarrer les plans de la cyberdissidence. A l’époque, Anonymous avait massivement distribué une documentation succincte permettant d’éviter le pire et mis au point un script destiné à contrecarrer le vol d’identité pratiqué par l’Etat tunisien.

2010 : Ammar404 dans le câble de l’ambassadeur, les USA voient la révolte monter

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Dans un appel téléphonique en date du 5 février 2010 donné par l’ambassadeur au ministre des Communications et des technologies Mohamed Naceur Ammar, ce dernier a expliqué le rôle central joué par les NTIC dans la stratégie de développement du pays.

Ammar a commencé par la description des activités de son ministère. Le ministère régule et fait la promotion des NTIC en Tunisie. Il gère l’accès à Internet à travers l’Agence Tunisienne de l’Internet et surveille son usage à travers l’Agence Nationale de Sécurité Informatique et l’opérateur téléphonique national, Tunisie Télécom.

Avant sa nomination en janvier 2010 comme ministre des communications et des technologies, Ammar a fait une carrière essentiellement académique en tant que directeur de la Haute Ecole de Communication de Tunis, et auparavant comme directeur de l’Ecole des Postes et Télécommunications de Tunis.

Sur Internet, sa nomination a été accueillie avec ironie parmi les blogueurs tunisiens dissidents : «Ammar» est le surnom, équivalent à «Big Brother», utilisé depuis longtemps par les blogueurs pour se référer à la censure frénétique dirigée par le ministère des communications et des technologies.

Un mois plus tard, la petite bande de cyberactivistes repérée par l’ambassade américaine, et dont le plus célèbre d’entre eux finira secrétaire d’Etat, organisait la première manifestation contre la censure de l’Internet et en faisait la promotion avec le seul service de partage de vidéo non censuré alors, Viméo.

Un clip qui avait permis, à l’époque, d’attirer l’attention de la communauté geek hors des frontières Tunisiennes sur les agissements de la dictature de Zaba.

TuniHack 4.0 – Data Driven Future

Logo TuniHack

Le « Open Source Software Club – OSSEC » de l’École Nationale des Sciences de l’Informatique – ENSI, a organisé, début décembre, la quatrième édition du hackathon TuniHack 4.0 sous le thème « Data Driven Future ». L’objectif de cette édition était d’encourager les participants à développer des applications qui exploitent les données disponibles pour une meilleure valorisation.

J’étais invité à ce hackathon comme conférencier et j’ai choisi de faire une présentation intitulée « Libre – OpenData – Tunisie ». J’ai entamé mon intervention par la présentation de la définition de ce qui est un Logiciel Libre et comment l’esprit du logiciel libre peut être généralisé pour couvrir toute œuvre numérique. Une œuvre qui peut être aussi une donnée ce qui permet d’avoir des données ouvertes ou OpenData. Par la suite j’ai présenté les différents projets et portails tunisiens où il est possible de récupérer des données ouvertes. Je vous laisse le soin de les découvrir dans ma présentation téléchargeable depuis les liens ci-dessous.

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SFD2017 : Communiqué de presse

L’association pour la Culture numérique Libre – CLibre, organise, en collaboration avec l’Ecole Supérieur des Sciences et de Technologie (ESST) de Hammam-Sousse la journée internationale de logiciels libres, « Software Freedom Day 2017 » qui aura lieu le dimanche 19 novembre 2017 à l’ESST de Sousse.

Cette douzième édition tunisienne, appelée « Software Freedom Day Tunisia », est organisée pour la cinquième année consécutive par l’association CLibre. Elle sera l’occasion pour les associations, les communautés et les clubs universitaires actifs dans les différents domaines des technologies du libre de se rencontrer, de partager leurs expériences dans le domaine et surtout de s’enrichir mutuellement avec les échanges d’idées entre nos jeunes issues des différentes institutions universitaire de la Tunisie.

Software Freedom Day Tunisia – Édition 2016

Le programme de la journée sera formé, en plus des rencontres entre activistes du libre, par un ensemble de conférences en relation avec les technologies libres ainsi que des concours.

Rappelons que chaque année, depuis 2004, la communauté internationale d’utilisateurs des logiciels libres fête le « Software Freedom Day ». Cette fête est une manifestation mondiale annuelle instaurée dans le but d’initier le grand public aux logiciels libres par son utilisation personnelle, dans l’éducation, l’économie ou par les gouvernements. Ce but est aussi l’un des objectifs de l’association CLibre qui a pris en charge l’organisation de cette journée en Tunisie prenant la relève de plusieurs acteurs de la communauté tunisienne qui n’a cessé, depuis 2006, de célébrer cette journée à l’échelle nationale.

Wilfried est un utilisateur Libre

Pour ce nouveau billet de la série d’articles sur les utilisateurs Libres, je vous invite à faire un voyage en Côte d’Ivoire pour faire connaissance avec mon ami Wilfried N’Guessan. J’ai connu Wilfried, comme d’autres amis de la communauté du Libre, via le monde virtuel. Mais, j’ai eu la chance de le rencontrer avec notre ami Abdrahman lors d’un voyage au Maroc.

Au cours de cette rencontre nous avons pu échanger et partager notre vision pour le Libre dans nos pays respectifs et comment échanger nos expériences pour le bien de Libre en Afrique. Bien évidemment j’ai profité de cette rencontre pour avoir ma copie dédicacée de son excellent livre “54 raisons pour l’Afrique de choisir le logiciel libre“. La parole est maintenant à Wilfried :

  1. Bonjour Wilfried, pour commencer, pourrais-tu en dire un peu plus sur toi ? Comment considères-tu tes connaissances en informatique ?

Je suis Wilfried N’Guessan développeur d’application à la base, je fini par me spécialiser en sécurité web. Aujourd’hui je dirige une société de services en logiciels libres en Côte d’Ivoire AKASSÔH. Auteur du livre “54 raisons pour l’Afrique de choisir le logiciel libre“. Membre de plusieurs communautés qui militent en faveur du logiciel libre en Côte d’Ivoire. J’ai environ dix neuf années de pratique informatique dont quinze dans l’environnement Gnu/Linux que je connais parfaitement. Aujourd’hui je développe des compétences en gestion de projet et d’équipe.

  1. Depuis combien de temps utilises-tu un ordinateur et quelle en est ton utilisation principale ?

Depuis les années 1998, mon utilisation est évolutive selon les périodes et challenges, aujourd’hui moins de développement contrairement à hier j’analyse ou vérifie les lignes de codes ainsi que la mise en place du file conducteur pour les équipes de développements.

  1. Comment as-tu pris connaissance qu’il existait autre chose que Microsoft Windows pour ton ordinateur ?

Par l’entremise d’un ami dont le frère était informaticien un devancier qui lui n’utilisait pas le systèmes actuel parce-qu’il éviterait des problème de virus à répétition, car en tant que bidouilleur j’y était régulièrement confronté à ce type de problèmes il me fallait toujours chercher à réinstaller mon PC.

  1. Pourrais-tu nous expliquer pourquoi, aujourd’hui, tu utilises un système d’exploitation Libre ?

D’abord parce que j’ai découvert la philosophie logiciel libre et la réalité que nous cache les licences d’utilisations des systèmes privateurs. Ensuite des éléments comme le coût, la possibilité d’un usage sur du matériel obsolète, la contrainte de partager sans retenu, la stabilité et la sécurité qu’il offre.

  1. Comment s’est passé ta migration et quelles sont les choses que tu as découvertes dans ton nouveau système et dont tu ne sais plus te passer ?

Elle à été assez passionnante après mon installation d’une version Mandrake la carte graphique de ma vielle bécane (ordinateur) n’affichait pas d’interface graphique, j’ai couru après différentes personnes qui venaient spontanément essayer de me dépanner. Hélas le problème persistant un ami va me recommander de changer de distribution pour Ubuntu, j’ai pas hésité à appliquer le conseil hélas le problème sera le même ce dernier employé dans une société de la place qui lui absorbait tellement son temps me recommandera d’utiliser internet via les listes de discussion ou forum pour chercher la solution, j’ai dès cet instant compris qu’ici on n’attend pas la réponse du service après vente mais on pouvait rechercher ceux qui avait le même bobos.
Grâce à internet je réussis à régler l’affichage j’ai découvert la puissance d’internet, du partage d’expérience, l’utilisation des listes de discutions, chat, freenode, et forum.

  1. Depuis ta migration, quelles sont les choses que tu regrettes ou que tu ne trouves pas dans ton nouveau système ?

Rien à ce que sache

  1. Dans ton utilisation journalière de ton nouveau système libre, trouves-tu facilement les logiciels dont tu as besoin ?

Oui mais il m’a fallu comprendre l’utilisation des termes de recherche en rapport avec l’équivalence en logiciel libre.

  1. Est-ce qu’il t’est déjà arrivé de faire la promotion de ton système d’exploitation libre auprès de tes amis ?

Aussitôt j’ai installé Gnu/linux sur tous les ordinateurs de la maison y compris celui de mon père qui m’a bien tiré les oreilles ma réponse était tu auras plus de soucis à appeler des maintenanciers.

J’ai rejoint l’Association Ivoirienne pour la promotion de Linux et les Logiciels Libres des années plus tard où j’ai activement milité à promouvoir ce système jusqu’à être à la base de la naissance de la communauté Ubuntu en Côte d’Ivoire.

  1. Si tu avais la possibilité d’exaucer trois souhaits en rapport avec ton système d’exploitation, lesquels seraient-ils ?
  • Qu’il soit en priorité dans l’apprentissage de l’informatique et les autres en second.
  • Que tout les pays du sud lancent un plan de migration nationale.
  • Qu’il devienne plus accessible sur les tablettes & mobile
  1. Pourrais-tu nous donner ta cotation sur 10 des différents systèmes d’exploitation et/ou distributions qui sont passés entre tes mains ?
  • Mandrake : 7/10
  • Ubuntu : 9/10
  • Debian : 8/10
  • Tails : 8/10
  • Kaly : 8/10
  • Windows : 3/10
  1. Pourrais-tu nous montrer une capture d’écran de ton bureau ?

wilfried desktop

Nous cultivons notre jardin de services libres – Open Tunisia

Services Libres Open Tunisia

Après le dixième anniversaire de la communauté Ubuntu Tunisie la semaine dernière, cette semaine nous fêtons le sixième anniversaire de la communauté Open Tunisia. En effet, cette communauté était créée en 2011 à l’occasion du Startup Week End Tunis. L’objectif de cette communauté était de lancer et proposer différents services libres pour la communauté du Libre en Tunisie. Des services comme l’enregistrement des noms de domaines, hébergement mutualisé et des services web comme un éditeur de texte collaboratif, hébergement d’images, etc.

À l’occasion de son sixième anniversaire Open Tunisia s’offre donc une nouvelle jeunesse avec une panoplie de nouveaux services web mise à disposition de la communauté en Tunisie et ailleurs. Ces services sont accessibles depuis la page principale à l’adresse opentTunisia.org ou même op.tn.

Les libristes qui découvriront ces services penseront certainement à un autre projet de plus grande envergure : Dégooglisons Internet, l’initiative de l’association Framasoft en faveur d’un internet libre, décentralisé, éthique et solidaire. Effectivement, c’est dans ce même contexte que s’inscrit ce nouveau portail de services libres proposés par Open Tunisia. Le bouquet de ces services libres est encore en phase de test et nécessite encore beaucoup de travail pour le stabiliser et l’offrir à la communauté.

Six ans déjà, mais quel avenir ?

C’est la question à laquelle est confrontée la petite équipe, de jardiniers, qui ont planté les premières graines de ces services libres. Ces graines vont-elles fleurir et perpétuer ? Rien n’est certain actuellement.

Malheureusement, Open Tunisia croule aujourd’hui sous une dette colossale proche de 9000 TND. Une dette qui augmente chaque année à cause des centaines de noms de domaines enregistrés chez l’ATI – Agence Tunisienne de l’Internet. L’enregistrement de ces noms de domaines est renouvelé systématiquement à la fin de chaque année par l’ATI. À cause du retard dans le règlement des premières factures (de 2012 et 2013) l’ATI a bloqué les accès qui nous permettent de désactiver les noms de domaines que leurs propriétaires ont abandonné. Il est aussi malheureux de constater que beaucoup de propriétaires de noms de domaines profitent encore de l’hébergement et de l’enregistrement de leurs domaines sans apporter aucune contribution malgré les multiples appels à contribution.

Cultiver avec nous le jardin !

Toute contribution sera la bienvenue, les contributions techniques et/ou les contributions financières.

Pour les contributions techniques (test, traduction, maintenance, etc.) il est possible de rejoindre notre équipe en s’inscrivant sur la liste de diffusion (envoyer un mail vide à membres+subscribe@openTunisia.org) et nous contacter via l’adresse (membres@openTunisia.org).
Pour les contributions financières, il est possible de faire un don à la communauté Open Tunisia. Différentes modalités sont possibles : Faire un don.